J’arrive à Bangkok le 01 février, après 700 km de stop en
Thaïlande. Le stop marche bien, même si certaines personnes sont assez
incrédules face à cette façon de voyager. Ainsi une Thaïlandaise parlant très
bien anglais, me voyant faire des gestes bizarres à des voitures, me conseille
après explications de ma part, de prendre le train. « Beaucoup plus simple
et ça coûte pas cher, et le stop en Thaïlande ça marche pas ! » Je
lui demande alors si elle a déjà essayé de faire du stop en Thaïlande.
« Non, mais je suis Thaïlandaise, je connais mon pays, ici ça marchera
pas. Viens, je t’emmène à la gare. » Face à mon insistance pour utiliser
mon pouce elle me sort une phrase qui me fait bien et rire et dont je me
souviendrais longtemps :
« Why
do you think different ? » (Pourquoi
penses-tu différemment ?)
Et oui, sortir du lot peut parfois
surprendre.
N’en déplaise à ma chère Thaïlandaise, le stop dans son pays
marche parfaitement. Je rentre même dans la banlieue de Bangkok à l’arrière
d’une camionnette sur des sacs de farine avec des voitures doublant de tous
côtés. Pas des plus rassurants.
Je retrouve le copain Tahar, dans la foulée et le reste de
la famille doit nous rejoindre la semaine suivante. Nous visitons donc Bangkok
pendant cette semaine. Nous pensions sortir un peu de la ville mais nous
trouvons chaque jour quelques choses à faire. Ballade au bord des khlongs (canaux), visites des monuments
bouddhistes, de Chinatown, et autres marchés.
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Pagode |
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Photo du roi de Thaïlande, Rama IX. Il est omniprésent dans tout le pays, bien qu'il n'est pas apparu publiquement depuis mois. |
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Varan dans les khlongs |
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Maisons au bord d'un canal |
Notre hôtel est proche de Kaoh
San Road, la rue où tous les « backpackers » se rendent, qui se
transforme la nuit en scène de débauche occidentalo-occidentale. Mis à part
quelques Ladyboys, inutile de chercher des Thaïlandais, il n’y en a pas. Nous
privilégions donc les ballades aux marchés aux puces, aux marchés aux fleurs ou
dans d’autres quartiers de la ville.
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Nettoyage hebdomadaire des rues |
Une fois la famille arrivée, nous restons encore quelques
jours à Bangkok pour profiter du nouvel an chinois. Cette communauté étant
relativement bien présente en Chine, on peut s’attendre à une belle fête. Les
animations dans les rues sont intéressantes et les rues sont bondées de monde.
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La famille |
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Nouvel an chinois |
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Prières pour bien commencer l'année |
Le plan est ensuite de monter dans le Nord du pays à Chiang
Rai. Quelques jours avant, nous allons nous renseigner pour le train, mais
celui-ci est déjà complet. Nous optons donc pour l’avion. Une première depuis
le début de mon voyage pour ma part. Moi qui m’était fixé comme objectif
d’aller jusqu’en Australie sans prendre l’avion. La famille me rassure :
« c’est exceptionnel, c’est parce qu’on est là, ça ne compte pas. »
Nous ferons donc le trajet Bangkok – Chiang Rai en environ 1h, ce qui m’aurait
sans doute pris deux jours en stop.
A Chiang Rai, nous visitons le temple blanc. Celui-ci s’avère être plus une création artistique pour attirer les touristes qu’un réel temple bouddhiste. Heureusement, nous
visitons l’après-midi d’autres temples plus traditionnels, grâce auxquels nous
en apprenons plus sur le bouddhisme.
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Temple blanc |
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Temple blanc - difficile d'imaginer qu'il s'agit d'un lieu religieux |
Le lendemain, nous décidons d’aller arpenter la campagne et
louons une voiture avec chauffeur pour deux jours. Les touristes allant voir
habituellement les mêmes choses, le premier chauffeur à qui on essaye de
montrer notre itinéraire planifié la veille, abandonne au bout d’une
heure pour passer la main à un collègue parlant anglais. Nous visitons ainsi
quelques lieux intéressants, notamment une plantation de thé et le fameux
triangle d’or. Ce dernier est le croisement des trois frontières Laos –
Birmanie – Thaïlande. Il est aussi connu car jadis il s’agissait d’un
territoire où le trafic de drogue, d'opium plus
particulièrement, était florissant.
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Plantation de thé |
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Séchage des feuilles de thé |
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Au premier plan la Thaïlande, au second plan à gauche la Birmanie et à droite le Laos |
Nous visitons un dernier petit village qui s’avère bien
sympa.
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Sport national : le foot volley. |
Malheureusement, le lendemain, notre chauffeur se montre
moins coopératif. Notre itinéraire, dont il avait connaissance la veille, passe
par les montagnes, et il refuse de nous emmener là-bas sans qu’on lui paye un
supplément. Nous refusons et rentrons donc tous à Chiang Rai plus tôt que
prévu.
Nous décidons de prendre le bus dans la foulée direction
Chiang Mai. Plutôt que la ville, nous visitons le temple Phrathat Doi Suthep et profitons des alentours pour aller se balader. Nous souhaitons nous rendre
au sommet de la montagne en marchant, alors que la grande majorité des
touristes y vont en tuk-tuks. Après avoir demandé à plusieurs personnes, nous
comprenons qu’il n’y a pas de chemin de randonnées dans le coin. Comme le
Chinois, le Thaïlandais n’est pas un grand marcheur. Nous finissons tout de
même par trouver un chemin montant dans la forêt. Il s’agit malheureusement
d’un cul-de-sac, mais nous aurons tout de même marché deux bonnes heures et
profité de la jungle.
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Arbre à Jackfruit (et non à Durian comme nous l'avons cru au départ.) |
Le lendemain, nous partons à Mae Sariang, là aussi pour
profiter de la nature. Une partie de la famille va se balader au parc national de Salawin en vélo alors
que Jean-Pierre et moi louons des scooters pour aller visiter les petits
villages reculés. La vie est ici bien différente de Chiang Mai ou Bangkok. La tranquillité des habitants me rappelle le Laos.
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Maison avec toit en feuilles |
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Transport de buffles par la rivières. De l'autre côté de la rivière : la Birmanie |
Dernière visite avant de revenir sur Bangkok : Sukhtohai. Cette ancienne cité était la capitale du royaume de Sukhothai, entre 1238 et 1438. Très bien restauré, on peut y voir de nombreux Bouddhas et anciens temples bouddhistes.
De retour à Bangkok, nous continuons la visite de cette
ville qui a beaucoup à offrir. Nous prenons même nos habitudes, petit café les
matins dans un « coffee shop » d’une « grand-mère », trajet
avec le bus 53 pour se rendre dans les coins intéressants de la ville et nous
finissons la journée à boire un coup dans le « shop » d’une jeune
Thaïlandaise entouré de locaux avec qui nous sympathisons.
Je suis stupéfait par le niveau de développement de cette
ville. La Thaïlande est bien plus développée aussi bien en ville qu’à la
campagne que le Laos voisin. Il y a beaucoup de centres commerciaux à
l’européenne. En rentrant sur Bangkok pour la première fois en stop, j’ai été
frappé par la taille gigantesque des panneaux publicitaires sur l’autoroute,
des terrains de foot à la verticale. Triste signe de l’augmentation de la
consommation dans ce pays, beaucoup de personnes, en particulier les enfants,
sont en surpoids.
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Comme au Laos beaucoup de belles voitures neuves, en particulier de nombreux picks-up très polluants. |
Comme toute chose a une fin, la famille repart le vendredi soir.
Ces deux semaines en famille étaient bien sympathiques, même si à 6 prendre des
décisions n’est pas si simple, surtout quand chacun a sa propre façon de
voyager. Je suis ainsi un peu triste de me retrouver à nouveau seul, mais aussi
content de pouvoir voyager à nouveau à ma façon. Je me retrouve donc le samedi matin
seul et avec un objectif : acheter une tente. A plusieurs reprises, je me
suis posé la question et mon récent séjour au Laos m’a convaincu de l’utilité
d’en avoir une. J’en trouve finalement une après deux jours de recherche à
65 €.
Je pars ensuite de Bangkok avec comme idée d’aller à la
campagne essayer ma nouvelle tente. Je prends d’abord un train pour sortir de
la ville afin de pouvoir faire du stop plus facilement. Une fois à la campagne
je peux ainsi reprendre mon moyen de déplacement favori. Je n’ai pas de
destination précise, mais la chance est avec moi : je tombe sur un couple,
certes qui ne parlent pas anglais mais qui a l’air adorable, ils me proposent
de venir au restaurant avec eux. Celui-ci ne cuisine que des poissons. Nous
commandons toutes sortes de plats, du poisson à la sauce coco aux écrevisses
d’une taille impressionnante. Surement le meilleur repas de ce tour du monde.
Le couple me propose de m’emmener aux marchés flottants de Damnoen Saduak. Ils font ainsi un détour d’une heure et demi pour
moi.
Une fois sur place, je marche un peu pour trouver une place
ou planter la tente. Finalement je décide d’aller discuter avec des moines
bouddhistes qui me proposent de dormir au monastère. Pas de tente, mais c’est
tout de même une première pour ce soir.
Le marché flottant est très touristique, avec quasi
exclusivement des boutiques de souvenirs. On peut louer une barque pour en
faire le tour mais ce n’est pas mon genre. Je décide très vite de m’éloigner,
privilégiant une ballade le long des canaux. Après avoir marché 150 mètres je
suis le seul étranger, les autres se cantonnent à un périmètre restreint,
ultra-touristique.
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Cuisines flottantes |
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Les très nombreux canaux recouvrant cette région de Thaïlande |
J’arrive tout de même à rencontrer de vrais vendeurs après
avoir marché un peu, vendant des légumes et préparant des plats avec la bouteille
de gaz embarquée sur leur petite barque. Je suis impressionné. Deux choses me
frappent : il n’y a que des femmes qui vendent ainsi et l’âge des
batelières. Les femmes ont toutes 50 ans passés alors que les bateliers faisant
des tours touristiques (principalement des hommes) sont tous jeunes et parlent
anglais.
On peut se demander
l’impact du tourisme sur un marché comme
celui-ci. A-t-il permis de « sauvegarder » une tradition vouée à
disparaître (en s’adaptant bien sûr aux touristes) ou est-il responsable de la
modification du marché et de la désertification totale des Thaïlandais ?
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Je payerais mon repas 30 bahts aux grands-mères alors que le même plat coûte plus du double dans la zone touristique. |
Suite à cette visite, je rentre sur Bangkok récupérer mon
visa birman, puis me dirige vers la frontière la plus proche.
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Dans la ville de Nakhon Pathom : Phra Pathom Chedi, la stupa la plus haute au monde. |
Avant la Birmanie, je passe 2 jours dans un resort proche de
Kanchanaburi. Le propriétaire, un Français me laisse planter ma tente
gratuitement sur la pelouse. Kanchanaburi est surtout connu pour sa voie ferrée
construite pendant la seconde guerre mondiale aussi appelée
le chemin de fer de la mort. Construit par des travailleurs asiatiques et des prisonniers de guerre, le nombre de pertes humaines est estimé à 16 000.
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Pont sur la rivière Kwai |
En retournant au Resort depuis la ville je suis pris en stop
par une femme seule. Quelque chose de banal pour quelqu’un faisant du stop en
France, mais exceptionnel pour moi. La dernière fois qu’une femme seule s’était
arrêtée c’était en Turquie… 7 mois plus tôt.
Je visite aussi la campagne
alentour mais les chiens me sautant presque dessus à chaque maison m’énerve
assez rapidement. Ils sentent probablement que je suis un étranger. Je leur
lance ainsi des cailloux, engueule même parfois leurs propriétaires, mais tout cela rend la
ballade très désagréable.
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Zébu |
La Thaïlande est un pays qui m’a bien plu et dont je sais
déjà qu’il sera à nouveau sur ma route. J’ai hâte de pouvoir découvrir un peu
plus la campagne à ma manière. En attendant, c’est la Birmanie, différente sous
bien des aspects, qui m’attend.
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Dernière photo prise en Thaïlande |
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